Lorsque vous envisagez de réaliser des travaux de construction, de rénovation ou d’aménagement d’un bien immobilier, il est impératif de solliciter préalablement les autorisations de construire requises. Ces autorisations sont encadrées par le Code de l’Urbanisme et assurent que les projets respectent les dispositions législatives et réglementaires relatives à l’utilisation des sols, les plans de prévention des risques ou encore les normes de sécurité.
Lors de la vente d’un bien, il n’est en effet pas rare de constater que le propriétaire-vendeur a réalisé des travaux sans avoir obtenu préalablement une autorisation d’urbanisme délivrée par la Mairie.
Ce guide vous fournira un aperçu synthétique des types de travaux soumis à autorisation, des démarches administratives, ou encore des critères juridiques influençant ces diverses autorisations. Il est toutefois important de considérer que ce guide ne vise pas l’ensemble des autorisations requises et qu’il convient en conséquence bien évidemment pour les travaux envisagés de se référer à la réglementation applicable lors de la réalisation des travaux et au plan local d’urbanisme (PLU) ou un document assimilé (par exemple, un plan d’occupation des sols).
Pour connaître vos droits et obligations un simulateur plus détaillé est à votre disposition.
Types d’autorisations pour les travaux
Le législateur a déterminé des opérations qui, en raison de leur faible importance, peuvent être réalisées sans autorisation, celles qui exigent une déclaration de travaux préalable à laquelle l’administration pourra s’opposer et celles qui imposent l’obtention d’un permis.
- Déclaration préalable de travaux : cette autorisation concerne les travaux moins significatifs ou de façon très sommaire lorsque la surface d’emprise au sol ou la surface plancher créée ne dépasse pas un seuil pour les constructions nouvelles et les travaux sur constructions existantes.
- Permis de construire : il est requis pour les projets de construction ou d’extension plus importants. Une demande de permis de construire sera ainsi nécessaire si l’emprise au sol ou la surface plancher créée pour une construction nouvelle ou adjointe pour une construction existante est supérieure à un certain seuil. Il est par ailleurs obligatoire de recourir à un architecte lorsque les travaux créent une surface de plancher ou d’emprise au sol supérieure à 150 m². Le permis de construire peut également être exigé pour certains projets qui affectent l’aspect extérieur et la destination du bien.
- Permis d’aménager : il est nécessaire pour les projets qui impliquent une division du sol en propriété ou en jouissance.
- Permis de démolir : ce permis est exigé pour la démolition totale ou partielle de bâtiments, notamment dans les zones protégées ou pour les bâtiments classés afin de garantir que la démolition respecte les normes de sécurité et les règlements de préservation du patrimoine.
Pourquoi une autorisation de travaux est-elle nécessaire ?
Les autorisations de travaux, y compris la déclaration préalable de travaux, jouent un rôle fondamental dans le cadre juridique et opérationnel des projets de construction :
- Réglementation et sécurité : elles garantissent que les projets respectent les normes de construction, d’accessibilité, et de sécurité prévues par le Code de l’Urbanisme.
- Préservation du patrimoine : les autorisations, notamment le permis de démolir, aident à préserver les éléments architecturaux et historiques dans les zones protégées. Des règles plus restrictives sont en outre applicables pour les secteurs sauvegardés ou les périmètres de monuments historiques.
- Harmonisation urbaine : elles assurent que les projets respectent les règles locales d’urbanisme qui fixent les conditions d’utilisation et d’aménagement des sols.
Types de travaux soumis à autorisation
La nature de l’autorisation varie selon l’impact et la nature des travaux.
Travaux de construction et d’extension :
- Nouvelles constructions : les constructions nouvelles doivent être précédées de la délivrance d’un permis de construire, à l’exception des constructions qui sont dispensées de toute formalité et celles qui doivent faire l’objet d’une déclaration préalable. Aussi, pour une construction nouvelle ayant une emprise au sol ou une surface plancher supérieur à 20 m², un permis de construire devra être demandé.
- Extensions : une demande permis de construire est nécessaire dès lors que les travaux envisagés sur une construction existante ont pour effet de créer une surface de plancher ou une emprise au sol supérieure à 20 m² ou supérieure à 40 m² dans les zones urbaines couvertes par un plan local d’urbanisme (PLU) ou un document assimilé. En tout état de cause, un permis de construire sera exigé si, après réalisation, la surface ou l’emprise totale de la construction dépasse 150 m².
Rénovations et transformations :
- Modifications extérieures : le principe fixé par l’article R421-17 a) du Code de l’urbanisme est simple : il soumet à déclaration préalable tous : « Les travaux ayant pour effet de modifier l’aspect extérieur d’un bâtiment existant, à l’exception des travaux de ravalement ». En conséquence toute modification visuelle de l’aspect d’un bâtiment, sans autorisation préalable, emportera infraction.
Par exemple :- Poser un bloc de pompe à chaleur ou de climatisation ;
- Poser une nouvelle porte d’un aspect différent de celle préexistante ;
- Changer le matériau des huisseries;
- Créer une fenêtre de toit;
- Poser des panneaux solaires ou photovoltaïques.
- Aménagement des combles : l’aménagement des combles devra faire l’objet d’une autorisation car ils créent une surface de plancher. En fonction de la surface des combles l’autorisation pourra consister en une déclaration préalable ou un permis de construire.
- Transformation garage : les surfaces comptabilisées sont celles renvoyant à la définition de surface de plancher. Le garage n’étant pas inclus dans la surface plancher, la transformation de celui-ci en habitation, par exemple, est soumise à une autorisation préalable ou un permis de construire selon la surface créée.
- Changement de destination : les transformations d’un bâtiment (par exemple, d’un usage résidentiel à commercial) doivent être déclarées pour vérifier leur conformité avec les règlements locaux. Une déclaration préalable de travaux est alors nécessaire pour un changement de destination d’un bâtiment même lorsque celui-ci n’implique pas de travaux.
- Changement de destination et travaux : une demande de permis de construire est nécessaire dès lors que les travaux envisagés sur une construction existante ont pour effet de modifier les structures porteuses ou la façade du bâtiment, lorsque ces travaux s’accompagnent d’un changement de destination.
Aménagement extérieur :
- Création espace extérieur: les projets tels que les terrasses surélevées les abris de jardin doivent faire l’objet d’une déclaration préalable si leur emprise au sol dépasse les 5 m² ou modifie l’usage du terrain. Si l’emprise au sol dépasse 20m², un permis de construire est requis.
- Création d’une piscine : la construction d’une piscine est soumise à des règles spécifiques. Pour une piscine enterrée, un permis de construire est requis si la surface du bassin dépasse 100 m² ou si l’installation nécessite des aménagements importants. Pour les piscines entre 10 et 100 m², une déclaration préalable de travaux est nécessaire.
- Ravalement de façade : les ravalements sont par principe exonérés de toutes formalités préalables. Néanmoins, si le bien est situé dans un périmètre spécifique (abord des monuments historiques, site classé, réserve naturelle) , une déclaration préalable sera obligatoire.
- Création d’une terrasse : la construction d’une terrasse ne nécessite pas d’autorisation dans la mesure où elle est de plain-pied c’est-à-dire qu’elle n’est pas surélevée par rapport au niveau naturel du terrain. Le matériau utilisé est indifférent. Toutefois, l’artificialisation des sols qui en résultera pourra avoir un impact à l’avenir en cas de demande de création d’une extension.
Nous vous rappelons que si votre projet se trouve dans un secteur protégé ou soumis à un document d’urbanisme particulier, il se peut que les règles changent. Les zones protégées, comme les sites classés ou les abords des monuments historiques, nécessitent des autorisations spécifiques supplémentaires, souvent plus contraignantes. De plus, des documents d’urbanisme locaux, tels que les Plans Locaux d’Urbanisme, peuvent imposer des restrictions particulières.
Les démarches administratives pour obtenir une autorisation
Pour obtenir une autorisation de travaux, y compris une déclaration préalable de travaux, voici les étapes clés :
- Préparation des documents :
- Consultation des documents d’urbanisme : vérifiez le PLU ou les règlements locaux pour vous assurer que votre projet est conforme.
- Documents requis : pour chaque type d’autorisation, vous devrez préparer des documents spécifiques, tels que les plans du projet, des photos de l’état actuel, de l’environnement proche et lointain et une description détaillée des travaux.
- Instruction de la demande :
- Dépôt de la demande : soumettez votre demande de permis ou de déclaration préalable auprès de la mairie ; certaines communes permettent le dépôt du dossier via des plateformes électroniques dédiées.
- Instruction : le délai d’instruction varie et dépend du type d’autorisation ou encore de la zone dans laquelle se situe le bien.
- Affichage : une fois l’autorisation obtenue, elle doit être affichée de façon visible de la voie publique et ce pendant toute la durée des travaux. Les délais de contestation seront décomptés selon les dates d’affichage sur le terrain.
- Conformité : après la réalisation de tous travaux soumis à autorisation, il est essentiel de déclarer en mairie leur achèvement afin de purger les délais de contrôle de leur conformité.
Conséquences en cas d’illégalité
Une construction non autorisée, non conforme à l’autorisation de construire délivrée ou ne respectant pas les règles d’urbanisme est illégale. Réaliser des travaux sans les autorisations nécessaires entraîne diverses sanctions:
- Sanctions pénales : des sanctions pénales financières et réelles (démolition, remise en état) peuvent être prononcées (article L480-4 du Code de l’Urbanisme)
- Sanctions civiles des tiers : la remise en conformité et/ou la démolition de la construction illégale et l’éventuel versement de dommages et intérêts peuvent être ordonnés par les tiers.
- Sanctions civiles de la Mairie : le Maire peut mettre en demeure, dans un délai qu’ il détermine, soit de procéder aux opérations nécessaires de mise en conformité de la construction, soit de déposer une demande de régularisation. Le Maire peut également saisir le tribunal judiciaire en vue de faire ordonner la démolition ou la mise en conformité de la construction.
- Sanctions administratives : une régularisation préalable de la construction existante pourra être exigée en cas de nouvelle demande d’autorisation de construire sur la construction.
- Sanctions administratives : en cas de sinistre de l’immeuble, il sera impossible de reconstruire de plein droit à l’identique.
Ce qu’il faut retenir
L’obtention des autorisations nécessaires est essentielle pour assurer la conformité de vos projets de construction ou d’aménagement aux normes légales et réglementaires.
En tant que notaire, nous jouons un rôle crucial dans ce domaine, notamment en garantissant que vos projets respectent toutes les obligations légales et évitent les litiges potentiels en veillant à la sécurité juridique de vos démarches et à la préservation de vos intérêts.
Pour connaître vos droits et obligations un simulateur plus détaillé est à votre disposition.

